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L'AMUF appelle à participer aux mouvements de contestation aux côtés des pompiers, des lycéens, des gilets jaunes, des confédérations syndicales et associations citoyennes. À commencer par les manifestations du 17 octobre 2026 !
✊ LES RAISONS DE LA COLÈRE — COMMUNIQUÉ DE L’AMUF ▲ Replier le texte

Les raisons de la colère

Depuis plus de 25 ans, l’AMUF a été de tous les combats innovants, modernes et sociaux pour défendre les urgences, dans tous leurs aspects et toutes leurs tâches, ainsi que l’hôpital public.

Jamais, en dix ans, nous n’avons vu une telle débâcle du système de santé et un écroulement, pensé et organisé, des services publics. Nous le disons haut et fort : le service public hospitalier est en danger, et la Sécurité sociale aussi.

Nous alertons sur le laminage long et progressif du statut des praticiens hospitaliers (PH), qui sont en quelque sorte les fonctionnaires médicaux de l’hôpital public. La dégradation du pouvoir d’achat ne peut plus continuer comme ça. Ceci concerne les médecins et aussi l’ensemble des personnels hospitaliers.

Que le gouvernement fige le point d’indice depuis des années et se plaigne d’une manière inique que l’on n’arrive pas à recruter — notamment des infirmières —, tout en étant lui-même à l’origine du manque d’attractivité salariale, relève de la schizophrénie.

Concernant les médecins hospitaliers, selon les différentes études — et nous ne nous cachons pas qu’elles s’appuient aussi sur les analyses réalisées par les différentes IA —, le constat est accablant :

Environ −22 % à −23 % de pouvoir d’achat réel sur les émoluments bruts d’un PH, à ancienneté équivalente, entre 2002 et 2026

En comparant la grille de 2000-2001 (celle de 2002 n’étant pas accessible en ligne) à la grille actuelle : la grille de novembre 2000 fixait l’échelon 4 à 314 590 F et le 13e échelon à 534 941 F, soit environ 47 959 € et 81 551 €. Au 1er mai 2001, le 13e échelon passait à 540 304 F, soit environ 82 369 €. Pour 2026, la grille de juillet 2023 s’applique toujours : 55 607 € au 1er échelon et 112 416 € au 13e échelon. Or, l’inflation cumulée entre 2002 et juin 2026 est d’environ 49 %.

SituationAvant (2000-2001)2026Évolution nominalePouvoir d’achat réel
Début de grille (ex-échelon 4)47 959 €55 607 €+16 %−22 %
~24 ans d’ancienneté (ex-13e, aujourd’hui 10e)82 369 €94 558 €+15 %−23 %
Dernier échelon actuel (13e, 32 ans et +)82 369 €112 417 €+36 %−8 %
  • Équivalence : un PH payé 100 en 2002 devrait toucher environ 149 aujourd’hui pour garder le même pouvoir d’achat. Il touche environ 115.
  • Comparabilité des grilles : les deux premières lignes sont les plus fiables. Depuis la réforme du Ségur, les trois premiers échelons ont été supprimés, et trois échelons ont été créés au sommet. L’ancien 13e échelon, atteint en une vingtaine d’années, correspond donc au 10e échelon actuel. Le 13e actuel n’existait pas en 2001, donc la dernière ligne n’est pas comparable à ancienneté égale.
  • Recoupement : Avenir Hospitalier estime qu’un PH au 13e échelon a perdu 17 465 € en vingt ans, inflation comprise, ramenés à 5 345 € après l’IESPE (l’indemnité d’exclusivité).

Limites méthodologiques :

  • Les montants sont bruts, et les primes, gardes, IESPE et évolutions de cotisations ne sont pas comptés.
  • La grille 2000-2001 a été utilisée faute de grille 2002 disponible en ligne. Celle de 2002 étant un peu plus haute, la perte réelle est très légèrement sous-estimée.
  • L’IPC est une moyenne qui ne reflète pas forcément le coût de la vie d’un PH.

Sources : Légifrance, arrêté du 14 sept. 2000 · BO Santé, arrêté du 10 mai 2001 · Le Quotidien du Médecin, revalorisation 2023 · CGOS, grille PH · InflationTool, 2002-2026.

Notre constat est donc le suivant :

1/ La carrière de médecin hospitalier aux urgences subit une dégradation flagrante de son pouvoir d’achat.
2/ Nous sommes moins attractifs que les médecins libéraux, qui ont la chance d’être payés 5 C de l’heure et de bénéficier d’une défiscalisation à hauteur de 60 jours par an ! C’est une iniquité qui date de 2008, et qui constitue une inégalité de traitement scandaleuse. Il n’y a aucune raison que l’ensemble des professions qui participent à la permanence des soins ne bénéficie pas de ces exonérations fiscales, aujourd’hui réservées aux seuls médecins libéraux.
3/ On nous a imposé le Service d’Accès aux Soins (SAS), qui est un échec total. Il n’y a aucune baisse depuis cinq à sept ans de la fréquentation des urgences, qui ne cesse d’augmenter. Ce système coûte des milliards, et ce sont toujours les services d’urgences du service public qui font tout le travail.
4/ Nous subissons la double peine, puisque les retraites des médecins hospitaliers sont elles aussi impactées par cette baisse du pouvoir d’achat et cette érosion de la rémunération. Nous rappelons que la réforme dite du Ségur, après le Covid, a fait perdre quatre années d’échelon aux générations qui sont en milieu de carrière.
5/ La casse de la Sécurité sociale et la privatisation des différents secteurs — regroupés par des sociétés, souvent par des consortiums financiers privés et des multinationales, tant sur les laboratoires pharmaceutiques, tant sur les laboratoires de biologie que sur les cabinets de radiologie — sont un pur scandale qui sert à casser la Sécurité sociale. Nous soutenons les revendications de celles et ceux qui réclament que l’État rembourse aux caisses de Sécurité sociale toutes les exonérations qui n’ont jamais été remboursées et que le patronat paye ses dettes à la Sécurité sociale.

Pour toutes ces raisons, et pour défendre le service public, l’accès aux soins et le droit des malades à être soignés dignement partout en France, nous appelons l’ensemble de nos adhérents à se mobiliser — car, contrairement à ce que racontent certains journalistes, nous avons toujours des adhérents, même si nous ne bénéficions pas, comme Samu-Urgences de France (SUdF) et la SFMU, des millions d’euros qui sont récoltés lors du congrès du mois de juin… Nous restons actifs, notamment auprès des médecins à diplôme étranger qui sont exploités, mais aussi auprès de l’ensemble des catégories socioprofessionnelles qui sont tous les jours au chevet des malades.

Les signataires pour le Conseil d’Administration de l’AMUF : Patrick Pelloux, Président ; Frank Becker, Secrétaire général ; Wilfrid Sammut, Porte-parole ; Fabrice Venier, Trésorier ; Franck Legrand ; Christian Brice ; Dalila Serradj ; Vincent Carret ; Didier Storme ; Sauveur Meglio.
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Les causes réelles de l’augmentation des arrêts de travail

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Wilfrid SAMMUT réagit sur France Culture aux annonces de la Ministre Stephanie RIST

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-12h30/journal-de-12h30-du-vendredi-05-juin-2026-1086316

QUATRE échelons à regagner

Appel Unitaire journée nationale de mobilisation le 11 janvier 2022
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